Coupe du monde de rugby 2019 : les multiples vies de l’Australien Eddie Jones

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Eddie Jones, le 18 octobre à Oita (Japon), durant un entraînement de l’équipe d’Angleterre.
Eddie Jones, le 18 octobre à Oita (Japon), durant un entraînement de l’équipe d’Angleterre. Christophe Ena / AP

Un mélange d’émotions devait agiter Eddie Jones avant le quart de finale Angleterre-Australie, samedi 19 octobre, en Coupe du monde de rugby au Japon. L’homme entraîne l’Angleterre, mais il est à moitié Australien. Il est aussi de mère japonaise, marié à une Japonaise et a entraîné l’équipe du Japon. Toutes ses vies, identités, amours et déceptions se trouvaient rassemblées pour un affrontement de quatre-vingts minutes.

Eddie Jones, 59 ans, l’un des entraîneurs les plus expérimentés de ce Mondial, est une star au Japon. Des publicités le montrent faisant la promotion d’une marque de gin, avec le slogan : « Eddie recommande. » Il fait aussi la promotion de sacs pour hommes. En 2015, la banque d’affaires américaine Goldman Sachs l’a nommé conseiller sur le Japon.

Cette élévation tient à un match d’anthologie lors de la Coupe du monde 2015. Avec une victoire historique (34-32) contre l’Afrique du Sud, arrachée à la 84eminute, l’équipe nippone avait, pour la première fois, réalisé qu’elle pouvait jouer dans la cour des grands. Quatre ans plus tard, les Japonais sont en quarts de finale du Mondial, tandis qu’Eddie Jones est devenu coach du Quinze de la Rose.

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Accent traînant, franchise brute

En 2015, la victoire avait été d’autant plus savoureuse que l’Australien avait poussé un incroyable coup de gueule public trois ans plus tôt, après une défaite contre la France. Bras croisés, regard noir, l’entraîneur s’était lâché, dans un pays qui a horreur du conflit public.« On a très mal joué.(…)J’étais vraiment déçu de l’énergie dégagée par les joueurs.(…)Cela donne l’impression qu’ils n’ont pas envie de jouer pour le Japon. »A son capitaine, assis à ses côtés, qui cachait sa gêne derrière un petit rire, il avait répliqué, glacial :« Ce n’est pas drôle. Vraiment pas. »

Quelques années plus tard, il se félicitait encore d’avoir dit ses quatr

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